Bayonne : manoeuvre sur fonds de tremblement de terre
Bayonne (64) : La Protection civile en exercice de taille réelle
Les installations de l'ex-Safam ont servi de cadre, samedi matin, à une manœuvre grandeur nature des sauveteurs. Thème de l'exercice : un tremblement de terre.

La friche industrielle des anciennes fonderies de Mousserolles, autrement dit l'ex-Safam, ressemble aujourd'hui à s'y méprendre à un décor de cinéma destroy taillé sur mesure pour un Wim Wenders. En attendant sa reconversion en zone artisanale, le site, qui est en passe d'être acquis par la Cabab, peut aussi se prêter à d'autres utilisations. Ce fut le cas samedi matin, avec un exercice de grande ampleur pour les dizaines de bénévoles que compte la Protection civile dans le département.
Le thème était on ne peut plus d'actualité. Il s'agissait d'intervenir après un violent tremblement de terre laissant de nombreuses victimes prisonnières des décombres. Dix blessés, très exactement, étaient ainsi bloqués dans l'édifice samedi matin pour les besoins de la cause. Peu après plusieurs équipes de secouristes arrivaient sur les lieux, bien reconnaissables dans leur tenue bleu et orange.
Cohésion de groupe
Très vite, elles entraient en action. Recherche et repérage des victimes, sécurisation et mise en condition de transport pour ces dernières, enfin évacuation vers les ambulances. Des opérations qui répondent à une procédure très stricte et longuement répétée durant le reste de l'année. « Mais, pour ce type d'exercice, rien ne vaut un lieu adapté et aussi proche de la réalité du terrain comme celui-ci », assure Laurent Léman, l'un des animateurs de cette matinée.
Les voix crachent dans les talkie-walkie, les ordres fusent, le va-et-vient des sauveteurs s'intensifie. Parfois on discerne un petit peu d'énervement quand les choses ne vont pas tout à fait comme elles devraient. Sous le regard des moniteurs, les bénévoles rectifient le tir et perfectionnent leur geste. Chacun est dans son rôle, chef d'équipe, logisticien, ambulancier… Il faudra bien deux heures pour mener à bien l'ensemble des opérations, mais à l'arrivée c'est un sentiment de satisfaction qui domine.
« L'intérêt d'un tel exercice, c'est surtout de travailler la cohésion de groupe et la communication entre des personnes qui ne se connaissent pas forcément très bien, c'est aussi important que les gestes d'intervention et le respect des procédures », commente André Dambrine, le directeur départemental de la Protection civile, qui coordonne l'intervention, avec, à ses côtés, le responsable opérationnel, Alban Davancaze.
De Haiti aux Fêtes de Bayonne
Une quarantaine de bénévoles, sur la centaine que compte la Protection civile dans les Pyrénées-Atlantiques, ont pris part à cette manœuvre grandeur nature. « Nous en faisons une par an, en alternance entre Pays basque et Béarn », note Laurent Leman. Histoire d'être fin prêt pour le moment où il s'agit de plonger dans le grand bain d'une catastrophe bien réelle.
Un membre de l'unité départementale a ainsi fait partie des secours en Haïti en janvier dernier. Mais la Protection civile est aussi présente sur des missions moins dramatiques. Elle a, par exemple, porté assistance aux routiers bloqué par la neige à la frontière franco-espagnole l'hiver dernier.
Elle installe également des postes des secours sur de nombreux événements, à la demande des organisateurs. C'est le cas par exemple pour les matches de l'Aviron Bayonnais au stade Jean-Dauger, le festival Euskal Herria Zuzenean, ou encore les courses de chevaux à l'hippodrome des Fleurs, à Biarritz.
Et puis, il y a le rendez-vous annuel des Fêtes de Bayonne, au cours duquel la Protection civile intègre le dispositif général de secours mis en place par les pouvoirs publics. Mais elle fait intervenir à cette occasion pas moins de soixante-dix personnes et mobilise pour cela sur le plan national. « C'est pour ceux qui viennent une autre manière de faire les Fêtes de Bayonne », disent, en souriant, les responsables locaux.
Philippe Hemmert